Allons-nous consommer de plus en plus d'algues ?

Aude
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Clermont-Ferrand

La consommation des algues par les populations européennes, contrairement à celles d’Asie, est longtemps restée anecdotique.

Bien que d’anciennes traditions soient documentées, notamment en Islande, il s’agissait principalement d’un aliment de disette. Pourtant, aucune macro-algue marine n’est vénéneuse ; en revanche, certaines contiennent des toxines, soit naturellement, soit parce qu’elles accumulent des produits issus de pollutions locales (métaux lourds ou radioéléments par exemple). En dehors de celles dont la commercialisation est réglementée, il ne faut donc pas en manger de grandes quantités ni les récolter n’importe où.

Les macro-algues contiennent surtout beaucoup d’eau, des éléments minéraux et des fibres, ce qui en fait un complément alimentaire riche en oligoéléments, en particulier d’iode nécessaire au fonctionnement de la glande thyroïde. Leur composition varie considérablement d’un groupe à l’autre et d’une espèce à l’autre. La spiruline, la chlorelle et la dulse sont réputées pour leur teneur en protéines. Certaines micro-algues comme la spiruline ou les diatomées sont riches en acides gras oméga-3. D’autres comme la nori dont on entoure les makis japonais, sont surtout intéressantes pour leur richesse en vitamines. Il semble malheureusement que la vitamine B12 soit sous une forme non assimilable par l’homme chez la spiruline et la nori, ce qui implique d’en trouver une autre source pour les végétaliens.

L’Europe est actuellement le site d’un véritable engouement pour ces végétaux marins dont la palette de couleur, la texture infiniment variable ou le goût parfois improbable, inspirent nos restaurateurs. Avec une forte croissance du marché et plus d’une douzaine d’entreprises dont certaines atteignent 30 salariés, la France est devenue leader en Europe pour l’approvisionnement, la consommation, la cuisine et l’élaboration de la législation en matière d’algues alimentaires. Reste à savoir si cette tendance va s’inscrire dans la durée.

 

Auteurs :

Bruno de Reviers, Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle
Philippe Potin, Directeur de recherche au CNRS

Caulerpa lentillifera © 663highland
Caulerpa lentillifera © 663highland