Peut-on consommer du lait toute sa vie ?

Adèle
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Paris

Le lait est riche en protéines (nécessaires à la croissance, à la régénération des tissus et à l’immunité), en glucides et lipides (principalement énergétiques) et comporte également des composants vitaux : facteurs de croissance, anticorps, vitamines, sels minéraux (dont le calcium, important notamment chez le sujet jeune en phase de croissance, mais aussi chez les seniors pour prévenir l’ostéoporose).

Le lait maternel est l’aliment idéal du nourrisson dont il constitue la seule source de nourriture pendant les premiers mois, et toute tentative de remplacement par du lait de vache ou, pire, des « laits » végétaux, entraine des carences qui peuvent être graves.
Pour digérer le principal sucre du lait, le lactose, les bébés synthétisent une enzyme spécifique, la lactase. Dès avant le sevrage, sa production décroît chez la plupart des humains. Les adultes ne sont alors plus capables de digérer le lactose, qui fermente dans l’intestin en provoquant des désordres digestifs plus ou moins sérieux. Particularité intéressante : en Europe du nord, Afrique nord-occidentale, Moyen Orient et Inde, jusqu’à 80 % des adultes produisent de la lactase et peuvent consommer du lait tout au long de leur vie, cette particularité résultant d’une mutation (dite Lp pour « lactase persistant ») portant sur une seule base de l’ADN.

D’autres sociétés à très faible taux de mutation, tels les nomades du Moyen-Orient, fondent quand même leur alimentation sur le lait des animaux, en se nourrissant notamment des dérivés fermentés du lait (yaourts, fromages), d’où le lactose a presque disparu car consommé par les bactéries lors de la fermentation. Ainsi, si l’on excepte les allergies aux protéines du lait, tous les humains adultes sont capables de se nourrir du lait des animaux car ils disposent soit d’une adaptation biologique, soit de savoirs techniques permettant de transformer le lait en sous-produits ayant perdu leur lactose.

Mais ce n’est pas pour autant que l’on peut se nourrir QUE de produits laitiers toute sa vie ! Si les apports caloriques et protéiques sont suffisants, de nombreux nutriments font rapidement défaut, notamment les fibres, essentielles à un bon transit intestinal.

 

Auteurs :

Jean-Denis Vigne, archéozoologue au CNRS et Muséum National d’Histoire Naturelle. 
Christophe Lavelle, chercheur au CNRS et au Muséum National d’Histoire Naturelle. 

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© Photo by ROBIN WORRALL on Unsplash
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