Peut-on continuer de manger du poisson sans vider les océans ?

Anne-Laure
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Neuilly-sur-Seine

Au cours des dernières décennies, les qualités nutritionnelles des produits de la mer (poissons, mollusques et crustacés) ont été largement mises en avant et leur consommation a doublé en 50 ans. En France, nous en consommons 35 kg par habitant et par an. Mais les ressources ne sont pas illimitées et sont grandement fragilisées par les modifications de l’environnement et la pression de la pêche. Un tiers des stocks est surexploité et près des deux tiers restants sont exploités au niveau maximum.

Il est cependant possible de consommer du poisson tout en préservant les ressources de la mer. Il suffit de poser les bonnes questions au poissonnier (les zones de pêche et techniques de pêche doivent être mentionnées sur les étiquettes) ou au restaurateur (s’il n’y a pas d’obligation de mentionner ces informations sur le menu, il y a cependant obligation légale de les fournir si on le demande).

Les choix des consommateurs créent une demande à laquelle les pêcheurs vont s’adapter pour fournir ce qui est consommé ; il est donc important de diversifier son alimentation (et sortir par exemple du duo surconsommée saumon/dos de cabillaud) pour s’adapter à la biodiversité des océans et non demander aux océans de s’adapter à nos goûts.

Plusieurs critères de durabilité sont à prendre en compte :

- Quelle espèce ? Le nom scientifique (latin) permet de confirmer de quelle espèce on parle.

- Quelle zone de pêche ? Certains stocks sont surexploités, d’autres non, il est donc important de connaître la provenance précise du poisson.

- Quelle technique de pêche ? Les techniques passives (filet, ligne, casier) sont à privilégier car elles impactent moins les fonds marins et sont plus sélectives que les technique actives (drague, chalut, senne).

- Quelle taille ? Vérifier la taille du poisson permet de s’assurer qu’il a eu le temps de se reproduire avant d’être pêché (les tailles légales de commercialisation sont souvent inférieures à la taille de maturité sexuelle des espèces).

Enfin, si l’élevage peut apparaître comme une solution pour préserver les stocks sauvages, les choses ne sont pas si simples, certains élevages ayant un fort impact sur l’environnement, notamment les élevages de poissons carnivores (saumon, bar, daurade) pour lesquels il faut pêcher de grandes quantités de poissons sauvages (transformés en farine et en huile) pour les nourrir !

 

Auteur :

Elisabeth Vallet, Directrice d’Ethic Ocean.