Qu’est-ce que l’agroforesterie ?

Antoine
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Valence

On appelle agroforesterie la pratique qui consiste à tirer parti des arbres dans la production agricole.

La présence d’arbres dans les systèmes agricoles a longtemps été la règle plus que l’exception que ce soit en région tempérée comme en région tropicale. En région tempérée, les associations élevage-fruitiers sont par exemple courante, comme dans les prés-vergers normands (vaches laitières / pommiers ou poiriers) la mirabelle de Lorraine (brebis / pruniers), ou les volailles sous les citronniers en Crète ou en Sicile. Les haies bordant les champs, servaient de clôture naturelle, produisaient le bois de chauffage et protégeaient les animaux de la chaleur et des intempéries. On y plaçait quelques fruitiers. Beaucoup de ces haies ont été arrachées car perçues comme des obstacles à la mécanisation. En zone tropicale, la production de café, de cacao, de thé et de nombreuses épices (cannelle, muscade, gingembre, curcuma, etc.) sont produites par des arbres ou sous des arbres.

Plutôt délaissée au cours des révolutions agricoles du XXe siècle, l’agroforesterie bénéficie d’un important regain d’intérêt comme une des applications les plus prometteuses de l’agroécologie. Fondamentalement, les arbres améliorent la fertilité des sols. Leur matière organique riche en lignine se dégrade lentement et nourrit les organismes des sols, dont les lombrics. Les arbres fournissent gîte et couvert à de nombreuses espèces sauvages, notamment auxiliaires des cultures. La capacité des arbres à aller chercher en profondeur les ressources nutritives et l’eau leur permettent de croitre et d’exploiter la lumière sur une plus grande partie de l’année.

L’agroforesterie concrétise également ce que les agronomes appellent l’agriculture multifonctionnelle. C’est-à-dire une agriculture qui ne serait plus seulement productive (production de biomasse alimentaire notamment) mais qui serait vertueuse sur le plan environnemental. En effet, par sa capacité de stockage d’importantes quantités de carbone (dans les racines, les troncs et les branches mais aussi dans le sol sous forme de matière en décomposition), l’agroforesterie est un levier majeur d’atténuation du changement climatique.

 

Auteur :

Samuel Rebulard, ingénieur agronome, agrégé de sciences de la vie et de la terre, enseignant à l’université Paris-Saclay.

Maïs et châtaigniers en agroforesterie en Dordogne © DEFI-Écologique
Maïs et châtaigniers en agroforesterie en Dordogne © DEFI-Écologique