Qu'est-ce que le microbiote intestinal et à quoi sert-il ?

Brigitte
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Aix-en-Provence

Nous vivons entourés d’organismes invisibles à l’œil, les microbes (ou microorganismes), de taille inférieure au dixième de millimètre. Champignons, bactéries, levures : ces organismes sont bien plus nombreux dans notre environnement (sols et eaux), en masse mais aussi en nombre d’espèces, que les animaux ou les plantes. Ils forment des ensembles d’espèces complexes dans chaque milieu, qu’on appelle des microbiotes.

Le microbiote de notre tube digestif contribue, entre autres rôles, à notre alimentation. Il participe en effet à la synthèse de vitamines et nous aide aussi à digérer : par exemple, les algues rouges comportent des porphyranes, indigestes pour l’homme, qui sont digérés par des bactéries présentes dans l’intestin des japonais qui en mangent beaucoup. Les asiatiques possèdent aussi des bactéries intestinales détoxiquant la daidzéine, perturbateur endocrinien du soja dont les variétés traditionnelles sont donc peu saines pour les Européens. Par ailleurs, notre alimentation comporte de nombreux microbes, parmi lesquels certains s’installent dans nos intestins : la présence d’un microbiote diversifié limite l’installation de pathogènes, dont les agents de diarrhée. Enfin, l’étude du diabète et de l’obésité a révélé que ces maladies du métabolisme, où l’utilisation des aliments par l’organisme se fait de façon inadaptée, résultent en partie d’un microbiote modifié.

Il faut nourrir le microbiote intestinal par des molécules qui lui sont destinées, qu’on appelle les prébiotiques : ce sont les fibres alimentaires que nous ne digérons pas mais qui nourrissent des microbes intestinaux favorables. Enfin, on envisage actuellement des apports directs de bactéries pour favoriser un bon fonctionnement intestinal, notamment après la prise d’antibiotiques qui modifient le microbiote intestinal. Ces microbes destinés à peupler notre tube digestif, nommés probiotiques, sont à la mode mais leur efficacité, très prometteuse, reste mal évaluée.

 

Auteur :

Marc-André Selosse, professeur du Muséum national d’Histoire naturelle. Ses recherches portent sur les symbioses entre plantes et champignon. Actif en vulgarisation et enseignant dans plusieurs universités et grandes écoles, il est membre de l’Académie d’Agriculture et éditeur de quatre journaux scientifiques internationaux.